Hashimoto : gluten, produits laitiers, iode — ce que dit la science
- Laura de la Roche
- 19 févr.
- 3 min de lecture

La thyroïdite de Hashimoto, maladie auto-immune touchant la thyroïde, est souvent associée à des interrogations sur l’impact de l’alimentation. Faut-il supprimer le gluten, les produits laitiers ou surveiller son apport en iode ? Entre croyances populaires et données scientifiques récentes, voici un résumé de ce que dit la science en 2026.
Gluten et Hashimoto : un lien à nuancer
Le gluten est régulièrement pointé du doigt dans les maladies auto-immunes, notamment en raison d’une association fréquente entre la maladie cœliaque et la thyroïdite de Hashimoto. Une méta-analyse récente (2025) confirme que les patients Hashimoto présentent une prévalence plus élevée de sensibilité au gluten non cœliaque, mais les preuves d’un bénéfice systématique d'une éviction du gluten restent limitées.
Ce que disent les études récentes :
Une étude randomisée de 2024 a montré qu’un régime méditerranéen sans gluten améliorait certains paramètres biologiques (anticorps anti-TPO, inflammation) chez des patients Hashimoto, mais ces résultats ne sont pas néanmoins pas généralisables à tous.
La suppression du gluten n’est pas recommandée en routine, sauf en cas de maladie cœliaque avérée ou de sensibilité prouvée.
Mon conseil : Pas de restriction sans diagnostic. En cas de doute, un test de dépistage de la maladie cœliaque est indispensable. En cas de sensibilité non-coeliaque, faites vous aider afin d'éviter des carences ou déficits nutritionnels, d'autant que l'éviction du gluten peut mener à une consommation accrue de produits ultra-transformés qui sont tout autant néfastes.
Produits laitiers : pas de consensus
Les produits laitiers sont parfois accusés d’aggraver l’inflammation ou de perturber l’absorption des hormones thyroïdiennes. Pourtant, aucune étude récente ne prouve un lien direct entre leur consommation et l’aggravation de Hashimoto, sauf en cas d’intolérance au lactose ou d’allergie aux protéines de lait. De plus, on rappellera que les produits laitiers doivent faire l'objet de beaucoup de nuances, comme expliqué dans cet article.
Mon conseil : Pas de suppression automatique. Privilégiez la qualité et écoutez votre tolérance individuelle.
Iode : équilibre avant tout
L’iode est essentiel à la production d’hormones thyroïdiennes, mais son excès peut aggraver l’auto-immunité. Une étude de 2024 a montré qu’un apport excessif (algues, compléments) perturbait le microbiote intestinal et aggravait l’inflammation chez des modèles animaux et humains. D'un autre côté, la carence en iode est tout aussi délétère et elle reste une carence fréquente chez les français en l'absence de consommation suffisante de produits de la mer, de produits laitiers, d'oeuf ou de sel iodé.
Mon conseil : Ni carence ni excès. Un dosage urinaire peut être réalisé afin d'objectiver une carence. Le mieux reste de se faire accompagner afin de vérifier les apports et l'opportunité d'une supplémentation.
En résumé
Il est tentant et naturel de chercher des solutions "miracles". Mais comme toujours et contrairement à ce qu'on veut souvent nous faire croire sur les réseaux sociaux, la base reste d'avoir une alimentation saine de typologie méditerranéenne. Ensuite, il faut se rappeler que chaque personne est unique : seul le suivi personnalisé permet d’adapter les recommandations à chaque situation. N’hésitez pas à consulter un professionnel pour un accompagnement sur mesure.
Laura de la Roche, Diététicienne - Nutritionniste à Aix-en-Provence
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