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Troubles digestifs chroniques : comprendre les causes fonctionnelles

  • Photo du rédacteur: Laura de la Roche
    Laura de la Roche
  • il y a 7 jours
  • 6 min de lecture
Troubles digestifs chroniques : comprendre les causes fonctionnelles
Troubles digestifs chroniques : comprendre les causes fonctionnelles

Les troubles digestifs chroniques — ballonnements, constipation, diarrhée, douleurs abdominales, brûlures d’estomac — touchent une part importante de la population. Dans la majorité des cas, aucune maladie organique n’est détectée : on parle alors de troubles fonctionnels.


Ces derniers sont souvent liés à des dysfonctionnements de la motricité digestive, à une hypersensibilité viscérale, ou à des déséquilibres de l’écosystème digestif, notamment le microbiote.


Contrairement aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ou aux cancers digestifs, les troubles fonctionnels n’endommagent pas les tissus, mais ils altèrent significativement la qualité de vie. Leur prise en charge repose sur une approche globale, intégrant alimentation, hygiène de vie et, parfois, une modulation ciblée du microbiote ou des fonctions digestives.


  1. Le microbiote intestinal, acteur clé des troubles digestifs

a. Rôle et déséquilibres

Le microbiote intestinal, composé de milliards de bactéries, virus, archées et levures, joue un rôle central dans la digestion, l’immunité et même la santé mentale. Un déséquilibre de cet écosystème — appelé dysbiose — est aujourd’hui reconnu comme un facteur majeur de troubles digestifs chroniques, notamment le syndrome de l’intestin irritable.


La dysbiose peut être causée par :

  • Une alimentation déséquilibrée de façon globale et particulièrement par une alimentation pauvre en fibres et riche en aliments ultra-transformés ;

  • La prise répétée d’antibiotiques ;

  • Le stress chronique ou un sommeil perturbé ;

  • Des infections digestives récurrentes.


b. Conséquences et modulation

Une dysbiose favorise l’inflammation, altère la perméabilité intestinale (« intestin poreux ») et perturbe la production d’acides gras à chaîne courte (AGCC), essentiels pour la santé de la muqueuse intestinale. Pour rétablir l’équilibre, on peut agir sur :

  • L’alimentation (prébiotiques, fibres, polyphénols) ;

  • La supplémentation en probiotiques ciblés ;

  • La gestion du stress et du sommeil.

À retenir : Le microbiote communique avec le cerveau via l’axe intestin-cerveau. Un déséquilibre peut donc aussi influencer l’humeur, le stress et les troubles digestifs.

2. Santé buccale et digestion : un lien insoupçonné

La bouche est la première étape de la digestion. Une mauvaise santé bucco-dentaire — caries, gingivites, infections chroniques — peut perturber l’équilibre digestif de plusieurs manières :

  • Migration bactérienne : Les bactéries buccales pathogènes peuvent coloniser le tube digestif via la salive ou le reflux, provoquant des dysbioses intestinales ;

  • Mauvaise mastication : Des dents abîmées ou manquantes empêchent une bonne fragmentation des aliments, surchargeant l’estomac et le pancréas ;

  • Inflammation systémique : Les infections buccales chroniques favorisent une inflammation de bas grade, qui peut aggraver les troubles digestifs fonctionnels.


Conseil pratique : Un suivi régulier chez le dentiste et une hygiène bucco-dentaire rigoureuse sont essentiels pour préserver la santé digestive.


  1. Fonction barrière intestinale : mucus et muqueuse en première ligne

La muqueuse intestinale et son mucus forment une barrière protectrice essentielle. Leur rôle :

  • Filtrer les nutriments et bloquer les pathogènes, toxines et antigènes

  • Maintenir l’équilibre du microbiote

  • Prévenir l’inflammation et l’hyperperméabilité


Quand la barrière est altérée :

  • Passage de bactéries, toxines ou particules alimentaires non digérées dans la circulation sanguine → inflammation systémique, intolérances alimentaires, fatigue, douleurs...

  • Facteurs de risque : stress chronique, alimentation déséquilibrée (excès de sucre, graisses saturées), AINS, antibiotiques, infections chroniques.


Comment la renforcer ?

  • Alimentation riche en nutriments protecteurs (vitamines A, D, zinc, oméga-3, polyphénols)

  • Alimentation riche en fibres prébiotiques (stimulent la production de mucus et les jonctions serrées entre les cellules intestinales)

  • Gestion du stress (le cortisol en excès augmente la perméabilité intestinale), encore et toujours.

À savoir : Un intestin perméable est souvent associé au syndrome de l’intestin irritable (SII), aux maladies auto-immunes et aux troubles métaboliques.

4. Fonction gastrique, biliaire et enzymatique : les maillons faibles

a. L’estomac et ses dysfonctionnements

La dyspepsie fonctionnelle (difficulté à digérer sans cause organique) est souvent liée à :

  • Un ralentissement de la vidange gastrique

  • Une hypersensibilité à l’acidité ou à certains aliments

  • Un déséquilibre du système nerveux autonome (stress, anxiété)

Les symptômes typiques incluent des brûlures, des nausées, une sensation de lourdeur après les repas.


b. Le rôle de la bile et des enzymes

  • Fonction biliaire : La bile, produite par le foie et stockée dans la vésicule, est essentielle pour digérer les graisses. Un dysfonctionnement (calculs, dyskinésie) peut provoquer des intolérances aux repas gras, des selles claires ou grasses ou des démangeaisons.

  • Enzymes pancréatiques : Un déficit en enzymes (lipase, amylase, protéases) entraîne une maldigestion, avec gaz, ballonnements et selles grasses.


À noter : Une alimentation adaptée (répartition des graisses, mastication, apports en fibres) et, si nécessaire, une supplémentation en enzymes ou en acides biliaires, peuvent soulager ces troubles.


  1. Rôle des hormones thyroïdiennes et sexuelles

Les hormones ont un impact direct sur la digestion, souvent sous-estimé.


1. Hypothyroïdie et digestion

  • Ralentissement global : La thyroïde régule le métabolisme. En cas d’hypothyroïdie, la motricité intestinale ralentit → constipation, ballonnements, sensation de lourdeur.

  • Altération de la production d’acide gastrique → mauvaise digestion des protéines, carences (fer, B12).

  • Impact sur la bile : La thyroïde influence la composition et l’excrétion de la bile. Un déficit peut causer des intolérances aux graisses et des calculs biliaires.


2. Hormones sexuelles (œstrogènes, progestérone)

  • Progestérone : Hormone « relaxante », elle ralentit le transit (constipation fréquente en grossesse ou en phase lutéale).

  • Œstrogènes : Un excès (dominance œstrogénique) peut favoriser la rétention d’eau, les ballonnements, et perturber le microbiote via l’estrobolome (ensemble de bactéries intestinales métabolisant les œstrogènes).

  • Cycle menstruel : Les fluctuations hormonales expliquent pourquoi certaines femmes souffrent de troubles digestifs cycliques (diarrhée avant les règles, constipation en phase lutéale).


L'équilibre du cycle est donc fondamental et si des symptômes de déséquilibre existent (règles douloureuses, douleurs aux seins, tristesse, irritabilité, fringales, rétention d'eau, etc. en phase lutéale), il faudra investiguer et rétablir l'équilibre.


Solutions hormonales :

  • Équilibrer l’alimentation (graisses saines, fibres, protéines)

  • Soutenir le foie (détoxication des hormones)

  • Gérer le stress (méditation, phytothérapie adaptogène)

  • Compléments ciblés (magnésium, vitamine D, oméga-3)


  1. Déséquilibre ortho/para du système nerveux : l’impact du stress sur la digestion

Le système nerveux autonome régule les fonctions digestives via deux branches :

  • Orthosympathique (« lutte/fuite ») : inhibe la digestion, accélère le transit, réduit la production de sucs digestifs.

  • Parasympathique (« repos/digestion ») : stimule la motricité intestinale, la sécrétion d’enzymes et de bile, favorise l’absorption des nutriments.


Un déséquilibre (hyperactivité orthosympathique ou hypoactivité parasympathique) peut causer :

  • Constipation, ballonnements, reflux, douleurs abdominales

  • Sensation de digestion lente ou incomplète

  • Aggravation des symptômes en période de stress


Solutions pour rééquilibrer :

  • Techniques de relaxation (respiration diaphragmatique, méditation, yoga)

  • Ostéopathie viscérale ou réflexologie

  • Activité physique modérée (marche, natation) notamment en extérieur, dans la nature

  • Sommeil réparateur


7. L'intolérance à l’histamine : autre cause fonctionnelle majeure des troubles digestifs chroniques


L’histamine est une molécule naturellement présente dans l’organisme et certains aliments. En temps normal, elle est dégradée par une enzyme, la diamine oxydase (DAO). Lorsqu’il y a un déséquilibre entre apport et dégradation, l’histamine s’accumule et peut provoquer des symptômes variés, notamment digestifs : ballonnements, diarrhée, brûlures d’estomac, nausées, mais aussi maux de tête, éruptions cutanées ou fatigue.


Causes possibles :

  • Déficit en DAO (génétique ou acquis)

  • Dysbiose intestinale (le microbiote participe à la dégradation de l’histamine)

  • Prise de médicaments inhibant la DAO (certains antidépresseurs, anti-inflammatoires)

  • Alimentation riche en aliments histamino-libérateurs (fromages affinés, vin, charcuterie, tomates, chocolat)


Solutions :

  • Même si un régime pauvre en histamine peut temporairement soulager les symptômes, il reste largement préférable d'investiguer la cause pour travailler dessus. En effet, un régime pauvre en histamine peut conduire à un régime trop restrictif avec un risque de carences nutritionnelles, ce qui sera peu bénéfique au long cours.

  • La prise de DAO en complément alimentaire peut être une solution symptomatique mais ne résout pas la cause. Une prise en charge fonctionnelle globale est ici toute indiquée.



8. Synthèse et approche globale

Les troubles digestifs chroniques sont multifactoriels. Pour une prise en charge efficace, il faut :

  1. Identifier les déclencheurs (alimentaires, hormonaux, nerveux, infectieux).

  2. Restaurer les fonctions clés : microbiote, barrière intestinale, motricité, sécrétions enzymatiques et biliaires.

  3. Agir sur le mode de vie : alimentation, gestion du stress, sommeil, activité physique.

  4. Personnaliser les solutions : analyses biologiques, suivi médical ou paramédical.


En pratique :

  • Tenir un journal alimentaire et symptomatique pour repérer les liens entre repas, stress, cycle hormonal et troubles digestifs.

  • Privilégier une alimentation anti-inflammatoire, riche en fibres et pauvre en aliments ultra-transformés.

  • Intégrer des techniques de relaxation quotidiennes (respiration, méditation).


Signes d'alerte :

Consultez un professionnel de santé si les symptômes persistent ou s’aggravent, surtout en cas de :

  • Perte de poids inexpliquée

  • Sang dans les selles

  • Fièvre ou douleurs nocturnes

  • Antécédents familiaux de cancer digestifs.



Conclusion : une prise en charge sur mesure

Les troubles digestifs chroniques sont rarement dus à une seule cause. Leur gestion passe par une approche personnalisée, intégrant l’équilibre du microbiote, la santé buccale, le bon fonctionnement gastrique, biliaire et enzymatique, ainsi que le mode de vie. En agissant sur ces différents leviers, il est possible de retrouver un confort digestif durable et d’améliorer sa qualité de vie.



Laura de la Roche, Diététicienne - Nutritionniste à Aix-en-Provence


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