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Nutrition fonctionnelle & fertilité : l'intérêt de faire un bilan complet

  • Photo du rédacteur: Laura de la Roche
    Laura de la Roche
  • 11 déc. 2025
  • 4 min de lecture
La fertilité n’est jamais le fruit du hasard
La fertilité n’est jamais le fruit du hasard

La fertilité n’est jamais le fruit du hasard. C’est une rencontre entre un terrain hormonal équilibré, des gamètes de bonne qualité, une immunité régulée, un métabolisme fonctionnel et un environnement favorable.

L’approche de nutrition fonctionnelle prend justement en compte l’ensemble de ces systèmes : elle cherche à comprendre pourquoi le corps n’arrive pas (ou pas encore) à concevoir, plutôt que de se limiter à un symptôme.

Cet article vise à expliquer pourquoi un bilan nutritionnel et fonctionnel est un atout majeur lorsqu’on souhaite concevoir, ou en cas d’infertilité inexpliquée.


1. Comprendre la fertilité comme un système et non comme un organe isolé


La fertilité dépend de multiples interactions :

équilibre thyroïdien et fonctionnement des récepteurs hormonaux,

métabolisme du glucose et sensibilité à l’insuline,

statut en micronutriments (vitamines, minéraux, acides gras),

fonctionnement mitochondrial (production d'énergie cellulaire)

inflammation, stress oxydatif, immunité,

exposition environnementale (perturbateurs endocriniens, métaux lourds),

digestion, absorption et santé intestinale.


La nutrition fonctionnelle met ces pièces du puzzle en cohérence. Elle cherche à comprendre ce qui limite spécifiquement la fertilité chez une personne et permet de proposer des leviers d'action.


2. Le concept des 1000 jours : agir avant la conception


Les « 1000 jours » correspondent à la période qui va de la préconception aux deux premières années de vie de l'enfant. C’est une période charnière où se joue notamment la programmation épigénétique de l'enfant c'est à dire la manière dont son environnement — nutritionnel, hormonal, immunitaire et toxique — influence l’expression de ses gènes sans en modifier la structure. En d’autres termes, ce que vivent les futurs parents avant même la conception, puis ce que vit le fœtus et enfin le nourrisson durant ses premières années, peut orienter durablement son métabolisme, son développement neurologique, son système immunitaire ou encore sa future sensibilité aux maladies chroniques.

Cette période unique représente donc une fenêtre de plasticité exceptionnelle, où optimiser l’environnement et le statut nutritionnel des parents joue un rôle majeur dans la fertilité… mais aussi dans la santé future de l’enfant.


D’où l’intérêt d’un bilan préconceptionnel, idéalement 3 à 6 mois avant le projet bébé, car :

・un ovocyte met environ 90 jours à maturer,

・la spermatogenèse prend environ 72 jours,

・les mitochondries des ovocytes sont extrêmement sensibles au stress oxydatif, aux toxines et aux carences,

・le corps a besoin de temps pour corriger un terrain inflammatoire ou métabolique.


3. Pourquoi faire un bilan nutritionnel et fonctionnel quand on veut concevoir ?


a) Identifier les carences micronutritionnelles impactant la fertilité

Certaines carences sont silencieuses mais essentielles :

・Vitamine D : implantation, immunité, SOPK.

・B9 (folates actifs) : maturation ovocytaire, prévention des anomalies du tube neural.

・B12, fer, iode, zinc, sélénium, cuivre : hormones thyroïdiennes, ovulation, protection contre le stress oxydatif.

・Oméga-3 : inflammation, qualité ovocytaire et spermatique.


Le bilan permet d’éviter les suppléments inutiles et de corriger précisément les déficits.



b) Explorer la fonction thyroïdienne et son impact direct sur la fertilité

Même des perturbations minimes (TSH > 2, anti-TPO élevés, conversion T4→T3 imparfaite) peuvent altérer :

・l’ovulation,

・la phase lutéale,

・la qualité de l’endomètre,

・l’implantation.

En nutrition fonctionnelle, on évalue la thyroïde dans son contexte : inflammation, carences, stress, digestion, exposition aux perturbateurs endocriniens. Mais surtout, au-delà de la sécrétion des hormones thyroïdiennes par la glande, on évalue si ces hormones fonctionnent correctement au niveau des organes. Avoir suffisamment d'hormones thyroïdiennes c'est bien, mais qu'elles fassent leur job, c'est encore mieux.


c) Mieux comprendre le métabolisme et la sensibilité à l’insuline

Ce travail sera indispensable notamment en cas de SOPK, de surpoids, d'antécédents familiaux de diabète, ou encore de cycles irréguliers.

Le bilan explore la gestion du glucose, l’insuline, le profil lipidique, le foie ainsi que le fonctionnement mitochondrial.


d) Mettre en lumière l’inflammation et le stress oxydatif

Un terrain inflammatoire peut altérer la qualité des gamètes mais également l'implantation et l'équilibre hormonale. Ce sont par ailleurs deux causes majeures d'infertilité inexpliquée dans la mesure où ces deux causes ne sont pas nécessairement explorées dans leur globalité au sein du parcours médical.


e) Investiguer l’exposition environnementale

Perturbateurs endocriniens → impact sur la thyroïde, la réceptivité utérine, la spermatogenèse, la maturation folliculaire.

Métaux lourds → altération mitochondriale, stress oxydatif.


Le bilan environnemental et l’anamnèse permettent de cibler les sources d’exposition et ainsi de les réduire tout en travaillant sur leur élimination.



4. Pourquoi l’approche de nutrition fonctionnelle est particulièrement pertinente en cas d’infertilité inexpliquée ?


Dans de nombreux cas, les examens médicaux classiques reviennent « normaux », alors que certains dysfonctionnements fonctionnels persistent :

  • hyperinsulinisme discret,

  • conversion hormonale imparfaite,

  • carence en iode ou en B9 active,

  • déficit de glutathion ou stress oxydatif élevé,

  • inflammation chronique de bas grade,

  • dysbiose intestinale,

  • sous-imprégnation en hormones thyroïdiennes,

  • altération mitochondriale non recherchée en médecine conventionnelle.


C’est précisément là que l’approche fonctionnelle prend tout son sens, en éclairant ce qui reste invisible ailleurs.


5. Concrètement, que permet un bilan nutritionnel et fonctionnel ?



En résumé

Améliorer sa fertilité, ce n’est pas “juste” manger mieux. C’est comprendre comment fonctionnent les systèmes qui permettent la conception – et agir dessus de façon ciblée.

La nutrition fonctionnelle permet de :

→ voir ce qui échappe aux bilans classiques,

→ personnaliser le protocole,

→ préparer le terrain plusieurs mois avant la conception,

et optimiser les chances de grossesse tout en favorisant la santé future du bébé.



Laura de la Roche, Diététicienne - Nutritionniste à Aix-en-Provence


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