Petit-déjeuner équilibré et hormones : comment bien manger le matin ?
- Laura de la Roche
- 24 janv.
- 4 min de lecture

Le petit-déjeuner est parfois présenté comme « le repas le plus important de la journée ». En réalité, son intérêt dépend fortement du contexte hormonal, métabolique et digestif de la personne.
Chez les femmes présentant des troubles hormonaux (SOPK, hypothyroïdie, endométriose, troubles du cycle, fatigue chronique…), le petit-déjeuner peut devenir soit un levier d’équilibre, soit au contraire un facteur "aggravant", lorsqu’il est mal adapté.
L’enjeu n’est donc pas de suivre un modèle standard, mais de comprendre ce dont le corps a réellement besoin le matin, sur le plan hormonal.
Pourquoi le petit-déjeuner influence l’équilibre hormonal
Au réveil, l’organisme se trouve dans un contexte physiologique particulier :
cortisol naturellement élevé
glycémie souvent basse ou instable
sensibilité accrue aux variations glycémiques
besoin de relancer la production énergétique et hormonale
Un petit-déjeuner riche en sucres rapides (pain blanc, confiture, jus de fruits, céréales sucrées) peut entraîner :
un pic glycémique suivi d’une hypoglycémie réactionnelle
une stimulation excessive de l’insuline
une majoration de la fatigue, des fringales et de l’inflammation de bas grade
À l’inverse, un petit-déjeuner structuré, rassasiant et à index glycémique modéré soutient :
la stabilité de la glycémie
l’axe cortisol–insuline
la synthèse et l’action des hormones thyroïdiennes et sexuelles
Les bases d’un petit-déjeuner équilibré
Des protéines dès le matin
C’est l’élément le plus déterminant et souvent celui qui fait défaut.
Les protéines contribuent à :
la satiété
la stabilité glycémique
la synthèse hormonale (enzymes, transporteurs, hormones peptidiques)
Objectif indicatif : 20 à 30 g de protéines, à ajuster selon le contexte.
Sources possibles : oeufs, laitage type Skyr, petits suisses ou fromage blanc, fromage frais, tofu ou tempeh, saumon ou truite fumés.
Des glucides de qualité
Supprimer totalement les glucides n’est pas toujours pertinent, notamment en cas de troubles du cycle, hypothyroïdie, fatigue chronique, stress élevé. Ils sont la principale source d'énergie mais aussi une source de plaisir alimentaire. L’enjeu est avant tout leur qualité et les aliments qui leur sont associés.
On privilégiera plutôt les glucides à index glycémique (IG) bas tels que le pain complet ou aux céréales, de préférence au levain traditionnel ou encore les flocons d'avoine ou de sarrasin.
On limitera en revanche les viennoiseries, le pain blanc, les pâtes à tartiner et les jus de fruits.
Des lipides pour la signalisation hormonale
Les hormones stéroïdiennes (œstrogènes, progestérone, cortisol) sont synthétisées à partir du cholestérol. Un petit-déjeuner trop pauvre en lipides peut donc être contre-productif.
Sources intéressantes : fruits à coque (entiers ou en purée), les graines (chia, lin, courge), l'avocat ou encore le fromage.
Des fibres pour la glycémie et le microbiote
Les fibres participent à :
la modulation de la réponse glycémique
le soutien du microbiote
l’équilibre de l’axe intestin–hormones
On les retrouve dans les fruits entiers, les flocons d'avoine ou les graines, les pains complets et même les légumes (selon tolérance).
Petit-déjeuner sucré ou salé : faut-il vraiment trancher ?
Cette question revient très fréquemment, notamment chez les femmes présentant des troubles hormonaux. Mais la question n'est pas la bonne.
Ce qui pose problème n’est pas le “sucré” en soi, mais l’absence de protéines.
Dans les habitudes alimentaires, le petit-déjeuner salé repose généralement sur des œufs, du jambon, du poisson ou des restes du repas précédent. Autrement dit, il garantit presque automatiquement un apport protéique suffisant, ce qui en fait un choix simple et sécurisant sur le plan glycémique et hormonal.
À l’inverse, le petit-déjeuner sucré “classique” à la française — pain blanc, beurre, confiture, jus de fruits — est souvent très pauvre en protéines, riche en glucides rapides et peu rassasiant.
Le problème n’est donc pas le sucre, mais le déséquilibre du repas.
Un petit-déjeuner sucré peut parfaitement être compatible avec une problématique hormonale, à condition :
d’y intégrer une source de protéines suffisante
de limiter les sucres ajoutés isolés
d’associer fibres et lipides
Il est également possible — et parfois très pertinent — d’opter pour un petit-déjeuner sucré-salé, qui combine plaisir alimentaire, satiété et stabilité hormonale.
En pratique, la vraie question n’est donc pas sucré ou salé, mais déséquilibré ou structuré.
Exemples de petits-déjeuners équilibrés
1. Petit-déjeuner salé “classique”
Œufs (2)
Pain au levain ou patate douce
Avocat ou filet d’huile d’olive

Intérêt nutritionnel : Apport protéique suffisant, excellente stabilité glycémique, bonne satiété. Particulièrement adapté en cas de SOPK, hypoglycémies réactionnelles ou fatigue matinale.
2. Petit-déjeuner sucré protéiné
Skyr ou fromage blanc ou 2 petits suisses
Flocons d’avoine
Graines de chia ou de lin
Fruits rouges
Purée d’amandes ou de noisettes

Intérêt nutritionnel : Malgré le goût sucré, les protéines sont bien présentes. Les fibres et lipides modèrent la réponse glycémique. Intéressant chez les personnes qui tolèrent mal le salé le matin.
3. Petit-déjeuner sucré-salé
Fromage frais ou œufs
Pain au levain
Fruits frais
Quelques noix ou graines

Intérêt nutritionnel : Bon compromis entre plaisir et équilibre hormonal.
En résumé
En cas de troubles hormonaux en particulier mais de façon générale également, un petit-déjeuner équilibré doit avant tout :
stabiliser la glycémie
apporter suffisamment de protéines
soutenir la synthèse hormonale
limiter la fatigue et les fringales
Le petit-déjeuner salé est souvent une facilité pratique. Le petit-déjeuner sucré demande plus de vigilance, mais n’est pas incompatible avec une approche hormonale bien conduite.
Comme souvent en nutrition fonctionnelle, le contexte et l’individualisation priment sur les règles générales.
Laura de la Roche, Diététicienne - Nutritionniste à Aix-en-Provence
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